La Folle Allure
De Christian BOBIN
Mise en scène de Rachel Ruello
Avec Magali Herbinger
Arrangement musical : Olivier Boudon
Sons : Nicolas Bourgeois
Structure : Matthew Tinker
Création Lumières : Nicolas Pigounides
Attachée de presse: Virginie Riche
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos coeurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »
Christian BOBIN
LE TEXTE
« La Folle Allure » raconte Lucie, une enfant fougueuse, fugueuse.
C’est le cirque qui lui a offert ces compagnons de route peu ordinaires et le goût du voyage.
Elle devient une jeune femme qui refuse les carcans, les obligations.
Elle court à folle allure vers la liberté, vers la vie.
Sa devise : « On verra bien ».
SUR SCÈNE…
Note d’intention-scénographie
Le monologue de « La Folle Allure » est la première création de Bobine et Cie, un texte que la compagnie porte avec une grande affection et que Magali Herbinger interprète.
La forme choisie pour raconter « La Folle Allure » est le conte.
Il permet à l’histoire de prendre forme. La voix de la comédienne résonne comme seul élément tangible, capable de faire rejaillir les souvenirs.
L’actrice est tour à tour une petite fille, une adolescente, une jeune mariée. Le récit se teinte d’envie, de fraîcheur et de désillusion. Le cirque est à la source de tout. C’est le lieu où Lucie est née et où sa mémoire est venue se blottir contre le pelage d’un loup. Un arbre apparait à l’orée de sa vie de femme et grandit au fil de son histoire. Il prend une place centrale et colore de vert son existence, cette nature sans laquelle elle ne peut respirer pleinement.
Que Lucie soit assise nonchalante ou virevoltante, elle accueille les images qui émergent de sa mémoire : un cimetière italien, Paris, une maison de retraite, sa mère, Roman… Elle découvre mouvement après mouvement une nouvelle cadence : sa danse éphémère qui rythme le temps qui passe. Sa rencontre avec l’ogre marque la fin de sa vie de couple en lui faisant découvrir l’amour.
Lucie prend de la hauteur comme son arbre.
L’ange aux cheveux roux apparaît, c’est son double rieur et ensemble, ils prennent sous leurs ailes, une vieille dame, « sa grand-mère » rencontrée lors de ses fugues. Le cirque reprend ses droits et Lucie devient acrobate pour faire sourire ceux qui lui sont chers. De là-haut, elle contemple le chemin parcouru et son rire se déploie.
Notes sur l’auteur
Christian Bobin se maintient en retrait du monde littéraire. Toute l’œuvre de cet écrivain solitaire est marquée par cette identité singulière. Cet homme maîtrise un langage peu commun. Il enrobe les vibrations de l’existence de mots simples et magnifiques. Apparaissent alors l’amour, la liberté et l’enfance. Il porte un regard sur ces indicibles avec une humilité déconcertante. Ses mots sont des émotions qui résonnent et qu’il nous contraint presque à ne pas retenir, ni à comprendre. Ses livres sont des voyages qui n’atteignent pas la mémoire, mais le cœur. Ils sont pur don et ne sont là que pour insuffler de la lumière dans les ombrages de nos esprits confus. Son écriture mène à un essentiel difficile à exprimer, une grave légèreté.
A la fin de ses livres, on n’a pas trouvé de réponses, on a même perdu les questions. On peut retrouver cet état de contemplation, on ressent la vie au plus profond de soi.
Vidéos d’une représentation de 2008
Un immense merci à tous ceux qui de près ou de loin nous soutiennent:
Christian Bobin, Philippe Auléry, Elizabeth Herbinger, Olivier Boudon, Nicolas Bourgeois, Matthew Tinker, Virginie Riche, Caroline Arnaud, Hedwige Dhenain, Thierry Prat, Jean-François Herbinger et Stéphane Shorlet, Agence Happy (Raphaël, Bruce et Clémentine) et aux Géants des Champs (Benjamin, Marie-Hélène et Marie Tual).
Un grand merci aussi à Peggy Mousseau et Marie-Josée Cholet, Isabelle Compiène, Florence Duchez, Eric Rouquette, Sarah Topalian, Mickaël Vauclare, Hugues Le Feunteun, Alain Boussekkine, Jean-Bernard Feitussi, Pierre Ferrari, Madame Massart et Marion Van Elsuwe (Gallimard) et Nadia Yahia (SACD) à la Bocata Carine et Eusebio et au magasin Coccigrue (paris 20).
Et à l’Equipe de La Manufacture des Abbesses : Yann, Sophie, Leïla et Nicolas pour leur aide…
